Une reconversion cordonnier passe le plus souvent par le CAP cordonnerie multiservice, un diplôme ouvert aux adultes en formation continue, en alternance ou par validation des acquis de l’expérience. Le financement vient du compte personnel de formation, d’un projet de transition professionnelle ou d’une aide de France Travail, selon votre situation. Le métier profite du regain de la réparation, mais les premiers revenus restent modestes.
Ce que fait un cordonnier aujourd’hui
Le cordonnier répare les chaussures et les articles en cuir : ressemelage, changement de talons, couture, recollage, teinture et entretien du cuir. Beaucoup d’ateliers sont dits multiservices et ajoutent la reproduction de clés, l’affûtage ou la réparation de sacs et de ceintures.
Ces services annexes comptent dans le chiffre d’affaires, car la réparation de chaussures seule ne suffit pas toujours à faire vivre une boutique. Le travail se fait en atelier, souvent dans une petite entreprise artisanale, parfois en boutique de centre-ville ou en galerie commerciale.
Les clients viennent de plus en plus pour prolonger la vie d’une paire plutôt que la remplacer. Une usure typique est celle décrite dans notre article sur l’usure d’une semelle en caoutchouc, qui fait l’ordinaire d’un atelier.
Les qualités à vérifier avant de se lancer
Le métier demande de la dextérité, car chaque geste (coupe, couture, collage) se fait à la main ou sur machine, avec peu de marge d’erreur. Il demande aussi une bonne résistance physique : station debout prolongée, bruit des machines, odeur des colles et des solvants.
La relation avec le client pèse autant que le geste technique. Il faut estimer un prix, annoncer un délai et parfois déconseiller une réparation qui ne tiendrait pas.
Avant de vous engager, passez quelques jours en atelier. France Travail propose pour cela la période de mise en situation en milieu professionnel, et la méthode générale est détaillée dans l’article pour préparer un changement de métier.

Quelle formation suivre pour devenir cordonnier
Le diplôme de référence est le CAP cordonnerie multiservice. Il se prépare en lycée professionnel, en apprentissage ou en formation continue, et il est accessible par la VAE pour qui justifie d’une expérience dans le métier. Chez les adultes, la durée varie beaucoup d’un organisme à l’autre : certaines formations continues comptent plusieurs centaines d’heures en centre, complétées par un stage en entreprise.
Les chambres de métiers et de l’artisanat proposent aussi des formations plus courtes, centrées sur les gestes de la réparation. Elles conviennent à un projet de reprise rapide, mais le CAP reste le titre que les employeurs et les cédants reconnaissent le plus facilement.
Pour choisir, comparez trois points :
- Le public admis : l’apprentissage fixe des conditions d’âge, alors que la formation continue s’adresse à tous les adultes.
- La part de pratique en entreprise, qui conditionne votre vitesse d’exécution à la sortie.
- Le débouché visé : salariat en atelier ou installation à votre compte.
Le métier d’artisan bottier, qui fabrique des chaussures sur mesure, est une spécialisation distincte de la réparation, avec ses propres formations.
Combien coûte la formation et qui peut la financer
Le prix d’une formation de cordonnier pour adulte dépend du centre et du nombre d’heures, il faut donc demander un devis détaillé à chaque organisme. Certaines formations sont financées par l’entreprise qui vous accueille, d’autres par un dispositif public.
Le compte personnel de formation est alimenté de 500€ par an pour un travail au moins à mi-temps, dans la limite de 5 000€. Une participation de 150€ reste due, sauf abondement, par exemple de votre employeur. Si la formation se déroule pendant le temps de travail, la demande d’absence part au moins 60 jours avant le début pour une formation de moins de six mois, et 120 jours au-delà.
Les salariés peuvent viser un projet de transition professionnelle, les demandeurs d’emploi une aide de France Travail ou de la Région, et l’alternance mobilise l’opérateur de compétences de l’entreprise. Les dispositifs sont les mêmes que pour une reconversion dans la finance. Le dossier se dépose avant l’entrée en formation, jamais après.
Le salaire d’un cordonnier en début de carrière
Un salarié débutant se situe autour du SMIC, fixé à 12,31€ brut de l’heure, soit 1 867,02€ brut par mois pour un temps plein. Le salaire progresse avec l’expérience et avec la polyvalence : un salarié qui maîtrise la clé minute et la maroquinerie est plus utile à son employeur.
Le revenu d’un indépendant dépend de l’emplacement, de la clientèle et des services proposés. Les premiers mois sont souvent inférieurs à ceux d’un salarié, le temps de construire un flux de clients réguliers.
La demande de réparation reçoit un soutien public : le bonus réparation géré par Refashion réduit la facture du client dans les ateliers labellisés. Il encourage la réparation de chaussures, mais ne garantit pas à lui seul un volume d’activité.
Ouvrir ou reprendre une cordonnerie
Trois voies s’offrent à vous : salarié en atelier, création d’une cordonnerie ou reprise d’un fonds existant. La reprise est souvent plus sûre, parce qu’elle apporte une clientèle, un emplacement et un équipement déjà en place.

Pour une création, l’immatriculation se fait auprès du guichet unique, qui transmet le dossier au registre national des entreprises. Une activité artisanale suppose aussi une qualification, que le CAP apporte, ou une expérience professionnelle suffisante dans le métier.
Le budget d’équipement couvre les machines à coudre le cuir, les ponceuses, le stock de semelles, talons et colles, ainsi que l’aménagement du local. Les chambres de métiers accompagnent les porteurs de projet sur ce chiffrage.
Une boutique peut aussi miser sur un service précis. La rénovation de chaussures usées attire une clientèle prête à payer pour retrouver une paire de qualité.
Avant de signer un bail ou un rachat, demandez les chiffres d’activité des trois dernières années et visitez l’atelier pendant une journée de travail. Un cédant sérieux accepte cette étape.

